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jeff mills

jeff mills
De Jeff Mills, on a coutume de dire, dans les divers articles qui lui sont consacrés, qu'on « ne le présente plus ». On le connaît en effet comme une des superstars planétaires de la techno, un héros assidu des méga-raves et un as du mix à trois platines. Sans oublier qu'il est aussi l'auteur de maxis dévastateurs, de « Sonic Destroyer » à « The Bells » en passant par l'héroïque série des « Purpose Maker ». Pourtant, le personnage est plus complexe qu'il n'y paraît et incarne déjà, avec quelques longueurs d'avance sur ses confrères DJ, une ambition artistique qui va bien au-delà de la simple musique techno




Techno Story

Mais que l'on ne s'y trompe pas. Mills fait bien partie de la glorieuse histoire de l'électronique. Né le 18 Juin 1963 à Detroit (capitale historique de la techno actuelle), il est issu de la même génération que ses illustres pionniers (Juan Atkins est né en 62, Derrick May en 63 et Kevin Saunderson en 64). Sa carrière est tout aussi précoce que la leur, puisqu'il connaît une première notoriété dans sa ville natale, en animant son propre DJ show sur les stations de radios locales WDRQ et WJLB. À raison de six émissions par semaine, le tout jeune Jeff (il a alors moins de vingt ans) est si habile aux platines qu'il est rapidement surnommé, « The Wizard » (le sorcier). Mais ce n'est qu'en 1988 qu'il se lance dans la production, aux côtés de Tony Srock, avec qui il forme Final Cut, duo d'abord orienté house mais qui évolue rapidement vers une musique plus industrielle. C'est à ce moment que Mills rencontre Mike Banks, autre forte tête de la scène musicale de Detroit. Il quitte alors Final Cut et fonde avec lui dès 1990, Underground Resistance, le plus mythique des collectifs technos. En 92, Mills, plus individualiste et surtout plus préoccupé par une recherche esthétique que le très politisé Banks, préfère quitter Detroit pour New York, fonder son label Axis et collaborer régulièrement avec les allemands de Tresor. C'est ainsi qu'il démarre sa rapide conquête de la planète globale et techno, grâce à une musique puissante et racée, et une technique de mix aussi rapide qu'ingénieuse. À l'image des Laurent Garnier, Carl Cox, Mills fait alors les beaux jours des clubs et des raves qui, au cours des années 90, incarnent la tornade techno qui déferle sur l'ensemble du monde occidental.




Au-delà du beat

Si, depuis lors, Jeff Mills n'a jamais cessé de produire des maxis minimalistes, obsédants et percutants destinés au dancefloor, sa musique est plus variée qu'il n'y paraît. Lors de certaines soirées spéciales, ses mixes mêlant house, funk et soul, font des merveilles sur tous ceux qui se montraient alors rétifs à sa techno survitaminée. Sur format CD, ou sur certains maxis à édition limitée, sa musique se fait aussi plus atmosphérique et mélodieuse. Rythmiques en retrait, basses swing, sonorités liquides, synthés amples et claviers rêveurs dévoilent une autre facette du personnage, qui puise son inspiration bien au-delà des clubs. Sa musique s'évade en effet souvent du côté d'un jazz étrange et un rien cosmique, quand elle ne se pare pas des attributs volontiers symphoniques et mystérieux de la musique de film.


Artiste multimédia

Il est vrai que cet ancien étudiant en architecture est un passionné de cinéma (« 2001, l'odyssée de l'espace » reste pour lui un modèle d'œuvre d'art total). Quand en 2000, il se lance dans la composition d'une nouvelle bande-son pour le « Metropolis » de Fritz Lang, il avoue alors tenter par tous les moyens, de sortir de son image de « techno-wizard », et de renouer avec son inspiration première, nourrie d'utopie, de pensée futuriste et d'une passion réelle pour les mondes et « les scénarios extraordinaires » de la science-fiction. Un an plus tard, il signe « Mono », sculpture-installation dédiée au film de Kubrick, présentée lors du festival Sonar de Barcelone. Mais c'est plus récemment encore, que Mills va renouveler sa pratique du Djing et faire fusionner son amour de la musique et de l'image. En 2004, il édite sur son label Axis son tout premier DVD, « Exhibitionist », set de DJ filmé en multi-angle, qui lui permet à la fois d'approcher la production vidéo, et de clore en beauté une première époque de sa carrière consacrée aux platines. La même année, il s'équipe d'un tout nouvel outil, la DVJ-X1 de Pioneer, platine CD et DVD, dédiée aux DJs. Avec cette machine révolutionnaire, le DJ est ainsi à la fois capable de manier le son, mais aussi les images. Une nouvelle époque s'ouvre donc pour Mills, comme pour la plupart de ses confrères. En 2005, tout s'accélère. À la suite d'une commande de MK2, il compose une nouvelle B.O. pour le chef d'œuvre du muet « 3 ages », de Buster Keaton, et enchaîne avec une étonnante tournée mondiale, où il fait preuve de tout son talent de DJ et de nouveau VJ (Video-Jockey).


Symphonie électronique

Pourtant, les aventures de Mills, devenu aujourd'hui une sorte de techno-artiste multimédia, ne s'arrêtent pas là. S'il planche déjà sur de nouveaux DVD, l'homme reste aussi ouvert à d'autres expériences, comme en témoigne son prochain concert aux côtés de l'Orchestre Philharmonique de Montpellier, sous la direction de René Koering. Avec Mills aux machines et sur scène, ses plus beaux morceaux seront interprétés lors d'un concert gratuit le vendredi 1er juillet, à l'occasion du 20ème anniversaire du classement du Pont du Gard au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco. Ce concert, édité en DVD, ainsi que le CD des compositions originales, rassemblent sans doute certains de ses plus beaux titres. Un événement qui devraient donc définitivement imposer le roi des platines comme un authentique artiste, et un compositeur de son temps.
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# Posté le mercredi 04 avril 2007 15:18

Modifié le samedi 07 avril 2007 11:33

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